mardi 12 mai 2009

temps de cochon !

Ça commence à me sortir par tous les porcs … euh … les pores : bientôt quatre semaines que le monde fait face à un fléau planétaire. À en croire l'Organisation Mondiale (sic) de la Santé (resic), une épidémie menace la survie même de l'espèce humaine. Non pas la peste, ni la malaria (2,5 millions de morts par an) ni le SIDA (2 millions de morts par an), même pas la grippe hivernale commune (300 000 décès annuels) mais une grippe nouvelle.

Donc nous y voilà : le A/H1N1 est à la mode : à défaut de tuer les malades (45 morts « officiels » à ce jour), elle infecte nos journaux, nos écrans de télévision et les facultés mentales de la population comme des gouvernants. Son nom déjà suscite des polémiques sans fin : « grippe porcine » est à la fois un truisme (la quasi totalité des grippes sont « stockées » dans les porcs) et une appellation trompeuse, puisque la grippe touche les hommes et est transmise par eux; « grippe mexicaine » relatait bien l'origine de la variante, mais ne rend pas compte du fait que les USA sont désormais le principal foyer d'infection.

L'appeler A/H1N1 ne fait qu'entretenir la paranoïa planétaire, puisqu'elle renvoie à la grippe « espagnole » (à l'époque, personne n'avait consulté les Espagnols) qui a fait entre 30 et 50 millions de morts en 1918-1920 surtout en Europe. C'est que la grippe, mexicaine ou pas, est essentiellement une maladie des pays tempérés et développés. Tandis qu'elle épargne l'Afrique, qui d'ailleurs à bien assez de problèmes avec les vraies maladies, mortelles celles-là.

La grippe porcine a donc accouché d'une souris. Beaucoup de bruit pour rien ?

C'est oublier qu'entretemps la firme pharmaceutique Roche a vendu des millions de doses de Temaflu aux gouvernements US (3 millions de doses) et européens, sans compter les stocks constitués par nos concitoyens apeurés et encouragés par la publicité gratuite abondamment fournie par les journaux d'informations (sic) des télévisions tant publiques que privées.

Pour ceux qui l'ignoreraient encore, malgré le matraquage, le Temaflu est un médicament antiviral très efficace contre la grippe : on estime qu'un malade soigné guérit en une semaine, alors qu'il faut 7 jours s'il ne prend pas le traitement (un peu moins pour la grippe mexicaine, la plupart des malades sont rentrés chez eux avant que les résultats d'analyse soient connus).

C'est oublier aussi que cette panique (c'est mauvais de pas niquer) a tout de même fait des victimes : les porcs égyptiens et, par ricochet, les éleveurs chrétiens coptes qui les élèvent et les mangent. Profitant de l'ambigüité de l'expression « grippe porcine » et de la peur du cochon qu'elle induit chez les mecs-si-cons, les intégristes musulmans ont imposé l'abattage massif de tous les porcs égyptiens. Mon père aurait condamné au nom de la morale : « ne faites pas aux truies ce que vous ne voulez pas qu'on vous fasse »

et oui, sale temps pour les cochons !

dimanche 15 février 2009

le restaurant portugais


Le restaurant brésilien
Un repas de Saint-Valentin, c'est comme une cotisation au Saint-Dicat, il vaut mieux y passer on ne sait jamais. Cette année j'ai convié mon amie brésilienne à un restaurant de son pays. Ce fut une soirée délicieuse et romantique, au moins jusqu'au dessert, mais je vous raconterai celle-ci une autre fois.
Car cette saga du 14 février 2009 m'a rappelé une autre commémoration ratée :
Le restaurant portugais

Le jeudi 16 août 2007, cela faisait exactement 5 ans que j'avais rencontré Regina à Lisbonne, chez une méconnaissance commune dont je tairai le nom, autant par Alzheimer que par charité. Il se trouve que, par une extraordinaire coïncidence, Regina a fait ma connaissance exactement à la même date : nous avons donc décidé de fêter ensemble ce souvenir.
Comment ? Cela allait de soi : en dégustant un bacalhau dans un des nombreux restaurants portugais qui agrémentent notre ville, capitale de l'Europe. En parcourant les rues d'Ixelles et de Saint-Gilles, nous n'aurions que l'embarras du choix, tant les Portugais et les restaurants de la même couleur sont nombreux dans la région.
Dès 20 heures pourtant, nous avons commencé à soupçonner que notre quête ne serait pas aussi simple qu'il y paraissait au premier abord : nous étions passé en voiture devant des vitrines obscures, des rideaux tirés, des feuillets annonçant ici « congés annuels », là « estamos viajando », « fermé le jeudi » ou encore « réouverture le 1er septembre ». Nous poursuivons cependant notre recherche tout en assouplissant nos exigences : n'importe quel restaurant fera l'affaire, pour autant qu'il y ait de la cuisine portugaise.
Vers 21 heures, la nuit commence à tomber, et nous jetons notre dévolu sur la terrasse d'une brasserie de Saint-Gilles qui ne sert pas de bacalhau, mais dont la carte comporte certains plats portugais. Nous sirotons une bière et commandons un coelho à portuguesa (le Coelho brésilien est franchement immangeable).
Au bout d'une heure et de 3 bières chacun, notre faim exige des moyens; en plus, il commence à faire froid et nous comprenons pourquoi tous les restaurateurs portugais ont fui l' »été » belge. Nous rentrons donc dans la salle où notre garçon nous accueille avec embarras : notre lapin a pris du retard (c'est normal pour un lapin), par la faute d'un malheureux contrôle d'hygiène. Il n'y a qu'une seule personne en cuisine, et elle est occupée à répondre aux questions d'un inspecteur; impossible de savoir combien de temps cela durera.
C'est bien notre chance, il ne doit pas y avoir plus d'un fonctionnaire dans toute la Belgique qui fasse du zèle en nocturne, et il a fallu qu'il se pointe ici ce soir ! C'est ainsi que nous avons dû faire le deuil de ... notre bacalhau, notre restau portugais, notre cuisine portugaise, notre lapin. C'est ainsi que vers 22h30 nous avons abouti dans
le restaurant brésilien