vendredi 8 août 2008

I hate mélanger anglais et french


Attention, je ne suis pas du genre rabique qui veut à tout prix bannir de notre langue tous les mots provenant de langue-liche : je dis et j'écris « fax », télécopieur me semble bien long et compliqué; je n'ai aucun substitut valable pour « scanner » ou « rooter », le mieux étant encore d'écrire à la française « scanneur » et « routeur ».

À mes yeux, le pire consiste à utiliser des mots français dans leur signification anglaise. Vous voyez pas ? Un exemple :
- ce mec est gai, me dit un copain.
- oui, réponds-je, c'est un compagnon agréable.

Vous pensez que je triche parce que j'ai écrit « gay » avec un i plutôt qu'un y ? Mais mon copain n'a pas prononcé y, il a simplement dit [ge] ... Alors que le français « homo » est tout aussi correct politiquement et bien plus correct grammaticalement.

Et si l'on s'en tient à l'écriture, vous ne trouvez pas ridicule d'écrire sur toutes les vitrines de magasins pendant le mois de juillet SALE ! Comme les gamins qui écrivent avec leur doigt sur la crasse des pare-brises d'auto ... Ou peut-être le commerçant, dans un moment d'égarement et de sincérité, a-t-il voulu écrire « SALÉ » pour signaler que ses SOLDES sont hors de prix ? Soit dit en passant, le français « soldes » est bien plus précis que l'anglais « sale » qui est presque un pléonasme sur la vitrine d'un commerçant !

Et que penser de cet opérateur téléphonique belge (hélas !) qui propose des SMS à « 5 cents » ... 500 quoi bon cent ? 500 SMS ? 500 jours ? 500 euros, puisque c'est un prix. Dans le cas de « cent », l'écart est énorme entre le sens français (100) et le sens anglais – ou plutôt US - (1/100). L'opérateur a tort, sur le plan linguistique, mais aussi sur le plan commercial : « 5 centimes » c'est sûrement plus intéressant que « 5 cents » (mais pas que « five cents » le dollar étant tombé bien bas).

Toujours en Belgique (re-hélas), on trouve parfois un appareil de photos « digital » (sic) à 149 « euro » (re-sic). Ceux qui s'imagineraient que cet appareils marche « au doigt » (et à l'œil) ne connaissent rien à l'anglais : « digital camera » ne veut pas dire « caméra digitale » mais appareil (de photo) numérique. En anglais, indeed, « digit » est passé du sens latin de « doigt » à celui de « chiffre » car les Anglais comptent encore sur leurs doigts (uniquement valable pour le système métrique !) ...

Malheureusement, la Banque Centrale Européenne ne fait aucun effort pour la correction de la langue, elle qui imprime des billets de 500 EURO (ou EYPO pour les grecs et bientôt les bulgares et les serbes) sans S et des pièces de 50 CENT sans S ni . (point). Et pourquoi ces billets et ces pièces sont en anglais alors que la Grande-Bretagne a conservé sa pound ? seuls dans la zone EURO l'Irlande et Malte utilisent cette langue. Ils n'avaient pas le symbole « € » sur leur clavier, à Frankfurt ? La pièce de 50 cent, elle, n'a jamais existé qu'aux Pays-Bas, valant ½ gulden.

J'admets que c'est plus difficile de trouver un symbole pour le 1/100 € vu qu'il s'appelle « centavo », « céntimo », « sentti » ou « leptó » selon les langues et pays concernés; le ct ne vaudrait pas pour tout le monde ! Mais on peut toujours écrire 0,01 €, pas vrai ?


mardi 1 juillet 2008

Cerise ze t'aime Cerize ze t'adore


le cerisier
J'ai un magnifique cerisier dans mon jardin. Il est même aussi grand que mon jardin est petit; ce qui, une fois venu le temps des cerises (maintenant quoi !) n'est pas sans inconvénients. là haut, sur sa canopée, à plus de 10 mètres d'altitude, se nichent les plus belles cerises, celles qui sont le plus exposées au soleil ... et aux oiseaux.
Bigre ! Je n'ai pas d'échelle de pompier sous la main, mon meilleur escabeau n'est qu'un escabellâtre de 2 mètres de haut à tout casser (et à me casser la gu... en particulier). Le génie de l'homme (et le mien en particulier) étant sans limite, j'ai donc conçu un dispositif composé d'un perche avec à son extrémité une boîte de conserve entaillée bien tranchante : on glisse la queue de cerise dans l'encoche, on donne un petit coup de poignet et hop, on se retrouve avec la perche brisée, la boîte sur la gueule et la cerise dans le jardin voisin (plein d'orties). Allez manœuvrer une perche de 10 mètres de long !
les convives
Ce qui est compliqué pour moi - qui reste cloué au sol ou presque - est par contre très facile pour les voleurs de haut vol : diantre, qui eût pu penser qu'il y avait tant d'oiseaux au cœur de la ville : corneilles dramatiques (que je Cid pour mémoire), merles moqueurs, pigeons moins que moi, moineaux défroqués, pies que pendre, troglodytes sortis de leurs cavernes, mésanges gardiens, pics épèches pécheurs en cerisiers troubles et même ces perruches vertes à bec rouge arrivées en masse du Sud-est asiatique.
J'ai donc rapidement renoncé à disputer aux oiseaux les cerises situées au dessus de 4 mètres; comme le renard de la fable, je me suis consolé facilement : "ces fruits sont trop verts, et bons pour les étourneaux". Et j'ai laissé toute cette volaille se disputer pour des queues de cerises trop vertes. Bientôt, il ne resta plus sur la cime que les fruits abîmés.
le chat
Mais mes goinfres n'en furent pas rassasiés pour autant, et se mirent à migrer vers les branches basses.
À ce moment j'ai décidé de sortir mon joker, Youssef, chat domestique de son état : j'ai envoyé mon fidèle castré camper sur la pelouse au pied de l'arbre et ... il s'est endormi au soleil; quand les oiseaux s'approchent un peu trop, il pousse un vague gémissement et lorsque leurs piaillements se font trop aigus, il rentre se réfugier devant la télévision. Et pendant ce temps-là les cadavres de cerises s'empilent sur le gazon, où les pigeons patauds viennent tels des charognards picorer les bouts de pulpes oubliés sur les noyaux.
les goinfres
C'est que chaque espèce d'oiseau a son propre style de vol. Ainsi la corneille : elle lance de sinistres râles, fait fuir tous autres oiseaux (y compris Youssef), tente un atterrissage de fortune sur une branche à mi-hauteur, le rate et repart en catastrophe, non sans avoir "cassé du bois". Le merle arrive, se pose sans problème, donne de grands coups de becs dans toute cerise à sa portée et abandonne sur l'arbre et sur le sol des dizaines de cerises à moitié dépulpées. Le pigeon tente de finir le travail, se pose sur une branche trop frêle, tombe sur le sol dans un grand plaf qui ne semble pas le perturber. Il se console en mangeant sous l'arbre, au grand énervement du chat.
les gourmets
Le pic vient en famille, avec sa Dame de Cœur et les petits pics. Son atout réside dans sa capacité à se tenir la tête en bas, et il joue de cette carte de Pic très habilement : pendu à sa branche, il se retrouve dans la même position que les cerises, qui elles aussi vivent la tête en bas comme des chauves souris et la queue en l'air comme ... comme ! Mais la plus grande distinction revient certainement à la perruche : elle arpente les branches à la recherche du meilleur fruit. Dès qu'elle l'a repéré, elle s'installe sur une patte et utilise l'autre pour cueillir délicatement la cerise choisie, elle la porte à son bec, on jurerait qu'elle lève le petit doigt, et en grignote précautionneusement la pulpe, lèche le noyau et finalement abandonne le noyau et la queue sur la pelouse.
et moi
Perdu dans mon observation admirative, j'en ai oublié de chasser les intrus pour me garder quelques cerises comestibles. Dans un sursaut, je sors de ma rêverie et frappe dans mes mains. Peine perdue, les volatiles poursuivent leur repas comme si de rien était. Par contre, le chat s'envole, il est déjà trois jardins plus loin dans les orties.