lundi 14 mai 2007

Pinto alegre


L'histoire se passe (de commentaire) dans une petite ville du Mato Grosso (3000 habitants selon le maire; 1200 selon la police).

Début 2006, à la suite des élections municipales, un nouveau maire (prefeito) est appelé à régner ...
- Araignée, me direz-vous, drôle de nom pour un maire !
- Oui, je sais, mais c'est une traduction ..
Ce nouveau maire ayant bénéficié largement du vote des personnes âgées, est évidemment désireux de leur renvoyer l'ascenseur. Il imagine ainsi de lancer un programme de distribution gratuite de médicaments, programme baptisé Pinto alegre, littéralement "poussin joyeux" c'est à dire exactement ce à quoi vous pensez ! Il s'agit en effet de distribuer du Viagra aux maris trop paresseux dans l'exercice de leur devoir conjugal.
Une sélection drastique est opérée, une dizaine d'époux particulièrement défaillants sont retenus pour la phase de test. Au bout d'un mois, malgré l'enthousiasme des cobayes, l'expérience est brutalement arrêtée sous la pression de leurs épouses.

C'est que nos vieillards, en retrouvant une seconde jeunesse, ont également retrouvé le goût des jeunettes, et se montrent peu soucieux de faire profiter leurs vieilles épouses de leurs nouveaux talents. Monsieur le maire a dû arrêter l'expérience et nos joyeux poussins sont retournés dans leur cage légitime.
Convaincu pourtant du bien fondé de son pétillant programme, le maire envisage aujourd'hui de confier les précieux comprimés de Viagra aux épouses elles-mêmes. À charge pour elles de les donner aux maris au moment opportun. S'il en reste.

jeudi 29 mars 2007

le vol du temps


En Belgique l'expression «à la bonne heure !» signifie bravo ... mmm voire !
Dimanche, 1:50, je me réveille en sursaut, pris d'une angoisse et d'une curiosité dévorantes. ILS l'ont décidé : cette nuit une heure de notre temps sombrera dans le néant. Comment ? Eh bien, je vais le savoir si je reste éveillé 10 minutes de plus.
Y aura-t-il un grand coup de tonnerre ? un séisme ? un monstre vert genre Hulk ? Ou plus probablement une nuée lumineuse ouvrant un vortex reliant notre chambre à un trou noir ? ... Les minutes s'égrènent et rien n'annonce le cataclysme redouté.
Sur le mur à ma droite, la grande aiguille fait un saut minuscule et passe sur le 12. Ça y est, je suis dans un temps qui n'existe pas ! Je me lève, je vais à la fenêtre et je constate que toute la maison, la rue, le quartier, même la lune dans le ciel, tous m'ont suivi dans le néant !
Est-ce cela la mort ? Emmène-t-on avec soi tout ce qui fait partie de son environnement familier ? Ont-ILS vraiment ce pouvoir, voler une heure de ma vie quitte à me la rendre dans six mois ?
Non, je peux résister ! Ce temps qu'ils veulent m'enlever existe encore à mon poignet, à mon réveil-matin et sur le mur d'en face. Je peux résister ... mais à quoi bon ? Tôt ou tard cette petite bulle de temps préservé va éclater; alors, autant abandonner tout de suite. Je décroche l'horloge, la retourne et fais tourner le petit bouton qui ajuste l'heure.
Voilà ... Il est 3 heures 12, tout va bien, dormez en paix braves gens.